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Contexe de création

La crise économique des années 80 a considérablement freiné les progrès réalisés pour combattre la pauvreté dans la plus part des pays en voie de développement. Ces derniers ont enregistré des équilibres macro-économiques majeurs, les contraignant à négocier des programmes d’ajustement structurel avec les institutions financières internationales. Dans leur conception initiale, ces programmes devraient, à court terme, jeter les bases d’une nouvelle croissance économique, en visant la stabilisation économique suivie d’une phase de restructuration. Dans la réalité, les pays en voie de développement se sont trouvés confrontés à de longues années de stagnation économique souvent dues à la chute des prix des matières premières, aux conflits politiques ou aux catastrophes naturelles. Ces difficultés ont été amplifiées par la rigueur des politiques d’ajustement ce qui a aggravé la situation sociale déjà précaire dans la plus part des pays concernés. C’est dans ce contexte qu’apparue la notion du coût social des politiques d’ajustement structurel et des autres mesures de restructuration antérieures.

Le défi, à ce moment, était d’imaginer des mesures aptes à réduire ces coûts sociaux dans un contexte de croissance faible et de ressources rares sans remettre en cause les fondements des politiques d’ajustement structurel. C’est ainsi que la Banque Mondiale a proposé la création des fonds sociaux, gérés de façon autonome, comme réponse adaptée à la double exigence du maintien de l’ajustement macroéconomique et de l’atténuation de ses effets. Dès lors, un nombre de fonds sociaux a vu le jour à travers le monde. Ils ont créé une alternative attrayante, à court et moyen termes, dans la mesure où ils constituaient un filet de protection sociale pour les populations directement affectées par les réformes économiques. Rapidement, ces fonds se sont transformés en instrument de la politique sociale des Etats. Depuis, ces fonds n’ont cessé d’évoluer jusqu’à devenir des entités quasi permanentes destinées à s’attaquer aux fondements structurels de la pauvreté et de l’exclusion sociale.

Au Maroc, la fin du programme d’ajustement structurel (PAS) en 1993 a coïncidé avec l’élaboration de la première stratégie de développement social, puis par la précision des orientations générales annoncées dans le plan de développement économiques et social 1996-2000. La déclaration gouvernementale du 17 avril 1998, a placé le développement social en tête de ses priorités.  Depuis 1997, les lois de finance ont programmé de sensibles augmentations du budget des ministères à vocation sociale. La part consacrée aux secteurs sociaux dans le budget de l’Etat est passée de 41% en 1997-98 à 44% en 1998-99 et à 47% en 2000.

A l’instar d’autres pays, les discussions avec la Banque Mondiale sur le bienfondé d’un fonds social au Maroc ont débuté en 1997. Ce processus a été achevé en 1999 avec la création de l’Agence de développement social laquelle a été fortement recommandée par la Banque Mondiale dans le processus d’appui à la mise en place des fonds sociaux dans les pays en voie de développement. Ainsi, l’ADS a profité d’un apport considérable de la banque mondiale dans sa phase de démarrage.

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